AUTEURE



Dying to be Sick (2007)

Traduction d'Adrienne Clarkson et de John Van Burek de l'oeuvre de Molière Le malade imaginaire (1673)

Argan est un hypocondriaque fini. Convaincu d'être malade, il décide égoïstement de forcer sa fille à épouser un médecin pour en avoir un sous la main à tout instant et gratuitement... mais celle-ci est déjà amoureuse du charmant Cléante. Avec l'aide du domestique le plus astucieux à jamais monter sur les planches, le frère d'Argan tente d'ébranler l'obsession qu'entretient son frère âgé pour sa santé. Dying to be sick présente une toute nouvelle traduction de la pièce la plus fameuse de Molière. Il s'agit tout autant d'une satire brillante de la profession médicale que d'une comédie domestique qui vous fera éclater de rire, issue de la plume de l'écrivain comique considéré le plus grand de la littérature occidentale.

Quelques mots des traducteurs

Nous avons d'abord et avant tout voulu apporter à notre nouvelle traduction canadienne la redoutable vitalité du texte classique de Molière, du XVIIe siècle français. Sa langue est remarquable de grâce, mais aussi de robustesse et de dynamisme. Presque chaque réplique nous porte à imaginer un geste l'accompagnant. Chez Shakespeare, l'énergie même de la langue est souvent intériorisée: 'Être ou ne pas être, voilà la question' sort de la bouche d'un homme qui se pose l'interrogation essentielle. Chez Molière, l'action est directe et évidente: 'Mon Dieu! Doucement. Etc. etc. ) Molière était un maître sans égal de ce flot continuel de l'action qu'on retrouve dans toutes ses pièces. Il n'y a rien là d'étonnant parce que Molière était lui-même un brillant acteur comique et il a écrit la plupart de ses pièces en s'accordant le rôle principal. (Shakespeare était aussi acteur, mais de bien moindre envergure, ne figurant que rarement dans ses pièces et encore, dans des rôles mineurs). Alors cette énergie incessante d'un moment fou à un autre, qui rend les comédies si drôles, c'est cela que nous avons tenté de saisir dans notre traduction.

Une autre chose qui rend cette version de la pièce unique, c'est le fait que nous ayons conservé des éléments du français original. Ils se mélangent parfaitement à l'anglais. Il n'y a guère qu'au Canada qu'on puisse risquer une chose pareille car la langue française est loin d'être aussi étrangère à l'oreille qu'à celle, par exemple, des Américains ou des Australiens. De nombreux Canadiens ou Canadiennes de langue anglaise (de plus en plus, d 'ailleurs) parlent le français ou sont en train de l'apprendre. Dans le pire des cas, nous sommes habitués à l'entendre. Cela veut dire que dans la traduction on peut garder certaines des sonorités originales, avec leur ambiance. La langue est une musique qui résonne à partir de l'âme des gens qui la parlent et c'est le personnage qui en est l'instrument. Dans notre traduction du Malade imaginaire pour en faire Dying to be sick nous avons cru que de maintenir le lien de la pièce avec ses origines en langue française rendrait l'affaire plus plaisante pour les acteurs et les spectateurs et nous ferait mieux sentir le coeur de ces personnages et de leur vie.

Finalement, et voici un exercice plaisant pour un étudiant, nous avons cherché dans notre version à maintenir le rythme des répliques le plus proche possible de celui des répliques originales de Molière:

'Si vous avez le plaisir de quereller, il faut bien que, de mon côté j'aye leplaisir de pleurer: chacun le sien, ce n'est pas trop. Ha!' devient

'If you can have the pleasure of bawling me out, I can have the pleasure of crying. To each his own, it's only fair. Ah!'

Il s'agit là d'un très plaisant défi en même temps que d'un bel apprentissage sur la langue et le langage.

Adrienne Clarkson et John Van Burek Article du Toronto Star: http://www.thestar.com/entertainment/Theatre/article\265970


Article from the Toronto Star: http://www.thestar.com/entertainment/Theatre/article/265970


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